Comment bien préparer votre arrivée à un nouveau poste?

8 janvier 2019

Vous l’attendiez depuis longtemps. Ce matin, votre supérieure vous propose de boire un café ensemble. Elle a le sourire des bons jours.

Et c’est effectivement un bon jour:

Elle vous annonce que vous êtes muté-e vers ce poste que vous convoitiez.

Mais…

Mais, tandis que vous essayez tant bien que mal de ne pas exploser de joie, une phrase de votre interlocutrice fait mouche : « C’est un nouveau challenge, je crois vraiment en vous. Maintenant, vous avez à peine le temps de vous y préparer… » 

Vous redescendez sur terre.

Avec tout le travail que vous avez en cours et que vous aurez à cœur d’achever, vous ne voyez pas où trouver le temps de consacrer la moindre minute à la préparation. Pourtant, il faut vous y faire, même si vous êtes là maintenant, la plus grande partie de votre carrière se déroule dorénavant dans ce nouveau poste.

Réussir votre entrée, c’est accroître considérablement vos chances de réussir.

Ou plutôt : rater votre entrée, c’est accroître considérablement vos chances de galérer au début.

Et votre hiérarchie ne vous laissera qu’un court délai pour se faire une idée de vous à ce nouveau poste.

 

Pas le temps de lire cet article immédiatement ?

Vous pouvez télécharger le guide au format PDF ici : 


 

Pourquoi faut-il préparer votre arrivée à un nouveau poste?

Nouveau poste = nouveau challenge

Souvenez-vous du moment où l’on vous a proposé cette promotion ou ce poste dans cette nouvelle entreprise. On vous a sans doute souhaité la bienvenue, mais on vous a aussi (surtout) parlé d’un challenge.

Que vous ayez choisi cette situation ou non, dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, vous allez devoir affronter le challenge et bien sûr, le remporter.

Et c’est au moment même où on vous apprend que vous avez gagné ce droit que vous allez devoir vous y préparer.

Un challenge, c’est réussir… ou échouer

Et là, tout peut basculer.

Vous pouvez attendre sereinement que les choses arrivent et voir comment ça se passe. Peut-être gagnerez-vous, peut-être perdrez-vous.

Pour augmenter vos chances et vous installer dans une posture gagnante, vous ne pouvez vous passer de préparation.

Plus on attaque en amont, plus on a de recul et de capacité de réflexion. Plus on définit ses étapes, plus on est à même de voir diminuer le niveau de stress.

Se préparer pour se mettre en situation de réussir

Pour vous mettre en position de réussir, il vous faut à la fois explorer le terrain sur lequel vous allez vous situer et, partant de cette connaissance, trouver une posture qui allie la mise en œuvre de vos capacités et le nouvel environnement qui sera le votre.

À cette fin, vous pouvez éventuellement interroger le chasseur de tête qui vous a accompagné-e, le service RH qui a validé la décision ou le décisionnaire du poste.

Bien entendu, dans les deux derniers cas, n’abordez que les atouts et les faiblesses de votre candidature et évoquez l’entreprise, mais ne laissez jamais percer de doute quant à votre capacité.

Vous pouvez aussi solliciter votre réseau.

 

Préparez votre intégration en vous intéressant à la culture de l’entreprise

Pourquoi cette connaissance de la culture est utile :

1. Pour éviter les faux-pas lors de l’arrivée

Une cliente, tout juste diplômée d’HEC, nous a raconté le premier jour de son premier emploi.

Elle est arrivée au moment du briefing hebdomadaire de tous les cadres de l’entreprise.

40 personnes dans la salle, debout, à attendre sa présentation.

Non préparée à cela et prise de panique, elle a complètement échoué cette première épreuve, qualifiée de rite de passage par le directeur. Elle n’a pas dépassé la première journée.

 

Découvrez l’histoire complète dans notre guide complet « Réussir son arrivée à un nouveau poste ».

Téléchargez-le ici : 


2. Pour se faire une idée personnelle du niveau d’adhésion qu’on aura à cette culture et s’y préparer

Jusqu’ici, votre vision de ce nouveau poste ou de cette nouvelle entreprise se résume souvent à :

  • Ce que vous en avez lu sur leur site internet (valeurs, grands principes…)
  • Ce que vous en avez entendu lors de vos entretiens et autres rencontres

Aussi, quelle que soit l’origine de votre arrivée à ce nouveau poste, promotion interne, ou recrutement extérieur, il est important que vous enquêtiez de manière plus approfondie sur la culture au quotidien.

Les moyens sont nombreux :

  • Déplacement
  • Réseaux sociaux
  • Les propos de votre chasseur de tête
  • Vos réseaux personnels
  • Etc.

Dans notre exemple précédent, notre jeune diplômée aurait pu apprendre l’existence de ce briefing hebdomadaire, et se préparer en conséquence (en soignant ce moment confrontant ou en décalant son arrivée au lendemain).

Plus vous en saurez, plus vous serez à même de décider de votre niveau d’adhésion.

Si vous savez que l’habitude de l’entreprise est que tous les soirs, après le travail, on se retrouve au café de manière informelle pour parler de la journée, vous aurez pu préparer quelques alibis pour sécher une partie de ces séances. La chorale ou les séances de sport permettent de s’en tirer à bon compte.

Cela vous permet de décider de là où vous voulez être et à quel rythme, sans pour autant passer pour un-e rustre.

Les 3 principaux éléments de la culture à investiguer

1. Les pistes immatérielles

  • Les habitudes vestimentaires

Lorsque vous allez apparaître pour la première fois, vous ferez sourire si vous êtes le ou la seul-e à porter une cravate ou un tailleur strict.

  • Les horaires d’une manière générale, et plus particulièrement leur application

En général, on travaille plus tard dans les start-ups que dans l’industrie et on y est plus flexible sur quelques minutes de retard.

Vous avez vos propres habitudes, mais il est important de vous adapter et de vous préparer. Dans l’industrie, vous pourrez aller chercher vos enfants à l’école le soir. Dans une start-up, vous pourrez les y accompagner le matin.

  • Le tutoiement ou le vouvoiement

Savoir que le tutoiement est de rigueur laisse entendre que les échanges peuvent être informels et détendus. Dans le cas contraire, il faut faire plus attention à sa façon de communiquer en général.

Dans beaucoup d’entreprises, on s’appelle par les prénoms et on se fait la bise. Dans d’autres, on donne encore du Monsieur le Directeur.  Vouvoyer quelqu’un qui vous incite aussitôt à vous tutoyer n’est pas un problème. En revanche appeler Madame Unetelle quelqu’un qui aussitôt vous demande de bien vouloir l’appeler Madame la Directrice est humiliant.

2. Les aspects purement matériels

Les aspects matériels simplifieront vos premiers jours de travail. Par exemple :

  • Ordinateur professionnel ou personnel
  • Disponibilité de la voiture de fonction
  • Etc.

3. Les rites

Nous sommes dans l’informel. Il y a des rites pendant la durée de travail, et des rites en dehors.

La journée.

  • La pause café est un moment de sociabilisation. Dans certaines entreprises, elle est considérée comme une perte de temps.
  • Le fait de déjeuner dans la salle de pause. On est encore dans le partage informel, mais selon les endroits, tout le monde n’y a pas accès.
  • La réunion du lundi est elle obligatoire ?

Hors journée.

  • L’entreprise encourage-t-elle des sorties collectives ?
  • Si vous venez d’être muté, continuerez-vous à aller au pot du mardi avec vos anciens collègues ou organiserez-vous un départ progressif, ou immédiat ?
  • Les pots ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir une réponse à tout. Vous aurez l’occasion de vous adapter et même d’infléchir une décision de départ, mais le fait de vous être interrogé-e sur la plupart de ces questions vous permettra de mieux maîtriser votre comportement et de limiter votre stress lors de votre arrivée effective.

 

Les 2 grandes réflexions à mener pour vous préparer psychologiquement:

1. Faire le deuil de votre poste précédent

La phrase la plus désagréable qu’on puisse entendre de quelqu’un qui intègre un nouveau poste ?

« Dans mon ancien poste, on faisait ça différemment, je pense que c’était mieux ! »

Elle suscite une pensée réflexe :

« Si c’était mieux là-bas, tu aurais mieux fait d’y rester ! »

Il est important qu’entre un poste et l’autre, vous respectiez une véritable coupure.

Un pot de départ, aussitôt suivi d’une semaine de vacances ou d’un week-end sans travail pour fêter ça. Il vous faut avoir dit au revoir à toutes les personnes que vous voulez saluer ou informer de votre départ, puis tourner la page. Votre nouveau poste va vous demander suffisamment d’énergie, inutile d’en consacrer à votre ancienne fonction.

Il faut également que vous ayez clôturé votre précédent poste. N’emportez pas avec vous d’anciens dossiers sur lesquels vous pourriez éventuellement intervenir (parce que, bien entendu, vous êtes indispensable).

Vous pouvez accepter, notamment si vous êtes en promotion interne ou parce que vous vous y étiez engagé-e, qu’on vous pose des questions dans un délai et des horaires strictement délimités, mais rien de plus. Personne n’a rien à y gagner.

Enfin, si vous restez dans le même service, il est fort probable que vous deveniez le n+1 de vos anciens collègues.

Il est important que vous leur fassiez passer le message que vous restez la même personne, mais que la fonction changeant, il est probable que les relations en soient parfois infléchies.

Ne partez pas sur de grands discours insistant sur le fait que vous resterez le-a même, c’est faux. Vous serez peut-être appelé-e à prendre des décisions que vous ne prendriez pas aujourd’hui.

Laissez vous cette liberté de changer et ne vous laissez pas enfermer par l’affectif.

2. Réfléchir à votre posture : l’auto bilan

Passée la joie de l’annonce et des dialogues de recrutement, il est temps de reprendre les choses à votre façon, de vous faire une vraie impression d’ensemble, libre de toute pollution.

Quels sont les enjeux pour vous ?

1. La carrière

Tout d’abord, la progression marque une étape dans l’élaboration d’une carrière.

  • Réussie, elle n’est qu’une étape.
  • Ratée, elle peut infléchir le cours de la carrière.

2. Le salaire

En principe, ce changement représente aussi une plus grande rémunération et davantage de considération.

3. Le réseau relationnel

Une carrière est très influencée par le réseau qu’on a pu constituer autour de soi.

Au départ, on mise sur la quantité. Progressivement, on s’attache à la qualité.

La vie quotidienne vous amènera à faire des rencontres. Il est important que vous profitiez de ce moment de répit pour voir les pièces manquantes dans votre réseau actuel.

4. La zone de confort

Il est important que l’un de vos premiers enjeux soit de trouver une zone de confort nouvelle.

Prenons un exemple. Vous venez d’être nommé-e chef comptable, ce qui suppose que précédemment, vous étiez comptable. Si vous êtes conscient de lacunes en matière de management, l’un de vos enjeux sera d’acquérir un minimum d’aisance. Vous devrez peut-être demander une formation ou lire des articles ou des livres sur le sujet.

Quels sont les enjeux pour l’entreprise ?

Il est important que vous considériez votre arrivée à ce nouveau poste du point de vue de ceux qui vous y ont amené.

En effet, une réussite ou un échec aura une influence sur leur propre carrière.

Au delà de ces personnes qui sont votre futur manager et les ressources humaines, il y a l’entreprise.

Tout d’abord, il est possible qu’il s’agisse d’une règle d’entreprise : on ne laisse pas les gens plus de deux ou trois ans au même poste ; on cherche à motiver les bons éléments en leur proposant régulièrement des situations différentes…

Le premier enjeu est la bonne marche de votre service :

  • Sur le plan opérationnel : l’atteinte d’objectifs
  • Sur le plan humain : la motivation et la fluidité des relations

Le deuxième enjeu peut être le développement de l’entreprise.

Au delà, vous aurez également votre responsabilité quant à la réputation de l’entreprise, par les relations que vous aurez à l’extérieur.

Enfin, une entreprise qui a dépensé de l’argent pour un recrutement ne rentre pas dans ses frais si vous n’y restez pas.

Vos points forts et vos points faibles au regard de ces enjeux

Situez vous par rapport aux enjeux relevé précédemment.

  • Sur un plan technique, quel est votre niveau par rapport à la demande exprimée lors du processus de recrutement ?

D’emblée, vos pairs considèrent qu’il n’y a pas de problème à ce niveau si vous avez été promu-e en interne.

  • Sur un plan humain, avec qui vos relations sont-elles particulièrement faciles ? Avec qui est-ce plus difficile ?

Réfléchissez aux façons de vous améliorer.

  • Sur le plan de la culture d’entreprise, quel est votre niveau d’adhésion ?

Serez-vous en mesure de vous y faire facilement ? Sinon, que pourrez-vous faire ? Quels sponsors pourrez-vous trouver au sein de l’entreprise ?

N’hésitez pas à multiplier les interrogations et à chaque fois trouver au moins des pistes de réponses, sachant que vous ajusterez en fonction de ce que vous découvrirez.

Certains aspects pourront, après que vous en aurez pesé le pour et le contre, être évoqués lors d’un premier entretien avec votre nouvel n+1, qu’en principe vous avez déjà rencontré.

 

L’ultime checklist : les 4 éléments que nos coachs vous conseillent de préparer absolument

Si vous n’aviez qu’une heure pour vous préparer à ce nouveau poste, ce sont ces 4 éléments sur lesquels vous devriez concentrer votre énergie.

1. La liste de 4 ou 5 questions que vous poserez rapidement à tous vos interlocuteurs, de la même façon

Il est important pour que vous puissiez comprendre au mieux qui vous entoure que vous vous construisiez des repères.

Aussi préparez quelques questions ouvertes où vous laisserez pleinement la parole à votre interlocuteur.

Puis, dès que vous le pouvez, prenez note de leurs réponses.

Au bout de quelques mois, vous ressortirez vos notes et les analyserez, à la lumière des observations que vous aurez menées entre temps.

Ces questions peuvent tourner autour de la santé actuelle de l’entreprise, de votre service et des mesures qui pourraient l’améliorer. Elles peuvent aussi vous concerner plus directement.

Voici quelques exemples :

  • D’après vous, comment l’entreprise se porte-t-elle actuellement ?
  • Qu’est-ce qui pourrait l’améliorer ?
  • Quelles mesures urgentes prendriez-vous si on vous le demandait ?
  • Idem pour le service
  • Quels conseils me donnez-vous pour ma nouvelle aventure ?
  • Qu’est-ce que vous attendez de moi ?

2. Votre discours d’arrivée

Il n’aura peut-être pas lieu.

Mais imaginez qu’on vous le demande…

Vous ne pourrez pas vous défausser.

D’autre part, la préparation de ce discours est un bon exercice :

  • Pas plus de trois minutes
  • À commencer par une blague

3. Vous présenter en une phrase

Au début, et surtout si vous venez de l’extérieur, vous allez rencontrer beaucoup de personnes nouvelles.

Si l’intérêt de la personne va au delà de l’énoncé de votre nom, ayez deux ou trois phrases de présentation en tête qui permettent à votre interlocuteur de vous situer et de se rappeler de vous.

Cela parait simple.

Mais l’exercice est plus compliqué qu’il n’y parait sans aucune préparation.

4.  Avoir un moyen de prendre des notes

Afin de faire un deuxième auto bilan et de mesurer les progrès accomplis et les difficultés à régler, vous devez consigner le plus d’informations possible.

  • Les réponses aux questions que vous avez posées
  • Les attentes que votre n+1 ne manquera pas de vous exprimer à votre arrivée
  • Les éventuelles attentes exprimées par les ressources humaines
  • Les processus, les rites, les surprises que vous découvrirez au fur et à mesure de votre intégration…

Le mieux, c’est de prendre des notes au fur et à mesure, de façon confidentielle, que vous regrouperez dans un journal.

Maintenant que vous êtes prêt-e et que vous avez balayé le plus de zones d’ombres, vous êtes prêt-e à aborder le premier jour de votre nouvelle vie.

 

Nous écrivons en ce moment la suite du guide :

  • Réussir les premiers jours
  • Les 12 erreurs à ne pas commettre
  • Réussir son arrivée à un nouveau poste – Spécial Managers

Téléchargez le guide au format PDF – nous vous informerons de la sortie des prochains guides :


Cet article vous a plu ? Partagez le ...